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LEO : une mauvaise réponse à un vrai problème

Le tracé de la liaison Est-Ouest (LEO) propose de reporter à peine plus loin le trafic de la rocade d’Avignon : une mauvaise réponse à un vrai problème.

La rocade d’Avignon, autrefois périphérique, est saturée. Les habitants riverains respirent depuis des années un air vicié qui diminue leur espérance de vie. Il faut détourner la circulation.

Ce projet de contournement d’Avignon date du début des années 1990. Depuis la prise de conscience des conséquences d’un transit excessif générateur de pollution, sur la santé des populations. FNE Vaucluse l’écrit dans sa contribution à la consultation publique :

L’exposition à la pollution des habitants de la rocade, qui provoque 160 morts prématurées sur la partie sud d’Avignon est un scandale absolu. La diminuer est une impérieuse nécessité.

Extrait de la contribution de FNE Vaucluse à la consultation publique 

Dévier la circulation est nécessaire. Le problème est de savoir comment et où.

Le tracé soumis à l’enquête date de 2002. D’emblée, il sautait aux yeux que ce n’était pas le meilleur tracé possible ni le moins couteux. Afin qu’il soit le plus vauclusien possible, il était très proche de la rocade existante. Difficile d’y voir une solution d’avenir ! En outre, le trajet ramenait la circulation vers le Nord, sur une route de Marseille urbaine et déjà saturée. Enfin deux immenses ponts sur la Durance, renchérissaient particulièrement la construction du contournement.

Il y a peu d’espace entre l’agglomération d’Avignon et la Durance. C’est un territoire qui appartient à la rivière : elle y a souvent débordé et y a déposé des alluvions fertiles. Propice au maraichage, il a permis que perdure, dans l’immédiate proximité de la ville, une « ceinture verte ». Une richesse recherchée aujourd’hui, mais que vieux tracé de la LEO sacrifie au transport routier.

A l’été 2014, FNE Vaucluse a été amenée à participer au Groupe de travail «Milieu Naturel » : une réunion très peu suivie, mollement animée, qui donnait l’impression que personne, pas même la DREAL, ne croyait au projet. Un sentiment particulièrement désagréable se dégageait cependant : par les expropriations rapides qu’il avait entrainées, le projet de LEO avait donné le signal du saccage de tout ce territoire de bord de Durance.

Le groupe de travail devait se réunir à nouveau en 2015. S’il l’a fait, FNE Vaucluse n’y a plus été invitée.

Quand le manque d’argent est une bénédiction

Depuis sa conception, l’argent a toujours manqué pour mener à bien ce mauvais projet. Et FNE Vaucluse espérait que la LEO était tombée aux oubliettes, se réjouissant de voir la municipalité d’Avignon réfléchir à des mesures propres à améliorer la qualité de l’air. Les décisions se faisaient attendre, il y avait de toute évidence des freins, mais aussi une volonté de changement.

Jusqu’à ce début 2021, et cette consultation qui fait craindre qu’en fait de changement, l’argent dit « de la relance », ne nous ramène à la case départ.

FNE Vaucluse a donc participé à cette consultation, en soulignant l’omerta qui pèse sur le coût exorbitant de ce contournement du fait de l’artificialisation définitive de centaines d’hectares d’une terre remarquable, irriguée et à fort potentiel agronomique, de l’’extraction des milliers de tonnes de matières premières et de la destruction d’un milieu naturel exceptionnellement riche.

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