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Découverte de la gestion des civelles de Camargue

À l’invitation de l’association Migrateurs Rhône Méditerranée (MRM), une douzaine de participants, dont 4 membres de l’association « la Nesque propre », ont pu découvrir en Camargue la gestion des civelles.

Contexte de cette journée découverte

L’association MRM a reçu le groupe le 29 novembre sur le site du « poste d’Eole », observatoire de la civelle sur l’étang de Vaccarès en Camargue. Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre du « Chantier citoyen de l’eau » organisé par le CPIE Rhône Pays d’Arles aux Saintes Marie de la Mer & aux Salins de Giraud.

L’association MRM était venue se présenter et évoquer son objet et ses objectifs :

  • Gestion des populations des poissons migrateurs
  • Panel d’actions à mettre en œuvre sur le bassin du Rhône pour les poissons qui vont se reproduire en mer ou en rivière

L’étang de Vaccarès compte trois pertuis. Le « Pertuis de la Fourcade » est un ouvrage de communication entre la mer et les étangs intérieurs. Il a la particularité de produire de l’électricité grâce à une micro centrale électrique dotée de deux turbines.
L’association MRM y occupe un local attenant pour étudier le cycle de vie de l’anguille européenne.

Les anguilles, menacées en Europe

Il y a encore trente ans, l’anguille était considérée comme nuisible. Aujourd’hui, menacée, cette espèce sensible a un besoin urgent de statut de protection.

Les anguilles naissent dans la mer des Sargasses. Avec un maximum de 2 900 alevins par kilogramme, la larve de l’anguille mesure 7 mm lorsqu’elle quitte la mer des Sargasses pour rejoindre les eaux continentales où elle devient adulte en douze mois.

Les alevins, appelés pibales (du nom occitan pibala), civelles ou anguillons dérivent jusqu’en Europe. Là, ils entrent dans les lagunes et rivières par besoin d’eau douce. Les civelles peuvent vivre là jusqu’à une quinzaine d’années puis retournent se reproduire là où elles sont nées. En cet endroit des côtes de Camargue, elles franchissent le pertuis par un busage sur sa rive droite à proximité immédiate de martelières aujourd’hui hors d’usage. Des vannes électro mécaniques doivent prochainement remplacer ces martelières qui assuraient jusqu’ici la gestion des eaux.

La période des civelles commence en novembre jusqu’à avril. La pigmentation de la peau est un facteur déterminant de la civelle d’Europe.

Les pressions sur l’anguille sont fortes avec au final un impact sur son cycle de vie.

Depuis 1970, on a perdu 90% de la population d’anguilles. Des recherches s’intéressent à l’impact des micros polluants dont les particules de plastique sur ce phénomène. Le braconnage est également une cause de la chute de population, sachant qu’un kilo de civelle se revend 400€/kg.
Le 29 novembre au matin, il a été pesé 1k6 d’anguillons + 250grammes de civelles.

L’on évalue à 10% le nombre d’anguilles qui, parvenue à l’âge adulte, repartiront se reproduire à des milliers de kilomètres, à plus de 2000 m de profondeur, dans la mer des Sargasses sur la façade Est de l’Amérique du Nord.

Une découverte couplée à celle d’un patrimoine remarquable géré par le parc naturel de Camargue

Un pique nique sur la plage, à l’abri du vent, a suivi cette matinée d’observation. Il s’est poursuivi l’après-midi par la visite du château de Tourvieille, site géré par le PNR de Camargue.

Le PNR de Camargue mène plusieurs actions qui lui sont propres :

  • Organiser les usages : la pêche, la chasse, les activités sportives….
  • Gestion hydraulique : établir des connections pour décloisonner l’eau
  • Digue à la mer : empêcher l’impact direct des vagues
  • Réduire la pollution, éliminer les pneus historiques déchargés au bord de l’étang de Vaccarès par un propriétaire etc…

Mais nous avons relevé que le parc réfléchit également aux bonnes manières de s’ouvrir au tourisme sans en subir trop de dégâts.

Le site du Château de Tourvieille, patrimoine remarquable, se trouve sur la route de Beauduc. Il est un passage très fréquenté avec plus de 25 000 voitures par an. Ce lieu bénéficie d’une tolérance historique car situé sur la propriété des Salins du Midi. Depuis peu, des plots métalliques en limitent l’accès aux véhicules hors norme.

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