1 - Actualités

Les sénateurs au secours des pailles à usage unique

Qualifiées de fléau pour l’environnement, les pailles en plastique devaient être interdites au 1er janvier 2020. C’était compter sans les sénateurs qui ont repoussé cette interdiction au 1er janvier 2021.

Que les plastiques à usage unique représentent 70% des déchets en Méditerranée ne saurait troubler nos sénateurs. Considérant leur moyenne d’âge, sans doute pensent-ils au bon état de leur dentier, ménagé par l’usage d’une paille !

Admirable, Brune Poirson est allée voir derrière les pailles (mais « sans reculer » !), et elle y a trouvé des emplois. Le sénateur PS Jean-Pierre Sueur, déjà repéré pour ses changements de politique à vue et son torpillage de l’éco taxe, s’est brusquement senti Bruxellois dans l’âme, déclarant que « nous n’avons pas à anticiper les règles européennes.”, une directive interdisant certains plastiques à usage unique devant être prise en 2021. Le sénateur centriste de Haute-Loire Olivier Cigolotti a parlé de  “plastiquebashing” (!!) et, selon La Provence du 1er février 2019, aurait ajouté « Les industries sont conscientes des enjeux et développent des filières de recyclage, mais il faut laisser le temps à cette activité de s’adapter”. C’est sûr, la nécessité du recyclage est un concept tout neuf, auquel nous n’avons pas encore eu le temps de nous adapter !…

Les sénateurs LR, qui complétaient la commission spéciale du Sénat n’ont pas non plus manqué à l’appel et, tous unis pour sauver les touillettes, ont vaillamment repoussé l’assaut des hordes d’écolos qui pensaient que la survie des poissons valait bien une paille et prétendaient que boire dans un verre en verre est un progrès civilisationnel.

Il ne nous reste plus qu’à lever notre verre à la santé de Renaud Muselier, euro député LR et président de la Région Sud, qui reste cohérent avec la politique qu’il a initiée dans sa région et assure que « Dans la Région, cela ne nous empêchera pas d’aller vers le zéro plastique »
… Le problème sera juste de savoir comment, car la recherche et la création de filières de recyclage de plastiques, pourtant riches d’emploi potentiels, manquent cruellement !