2 - Avis et Communiqués

Les élus d’accord sur l’utilisation de la « Charte d’urbanisme commercial du Bassin de vie d’Avignon »

La Charte d’urbanisme commercial du bassin de vie d’Avignon : un coup pour rien !

Le 1er février 2018, les membres du Syndicat Mixte pour le SCoT du Bassin de Vie d’Avignon ont signé la charte d’urbanisme commercial. Une charte signée à l’unanimité qui n’aura pas tenu 10 mois. Elle vient de voler en éclat devant les appétits de zone commerciale des élus.

Son analyse de la situation du Bassin de vie d’Avignon en matière d’hyper commerce était pourtant remarquable. Non seulement, elle en exposait sans fards les conséquences délétères. Mais elle prenait soin de lister un certain nombre de mesures. Pour redonner de l’attractivité au territoire et « garantir un cadre de vie qualitatif à (ses) populations ». C’est un fait suffisamment rare pour que nous le soulignions !

Ce qu’il faut retenir de cette charte remarquable

Tout d’abord, ce premier constat :

« On recense sur le territoire près de 500 000 m2 de grandes et moyennes surfaces pour 300 000 habitants, soit un rapport surface commerciale / habitant largement supérieur à celui que l’on constate dans les SCoT de Grenoble, Lyon, Nîmes ou Toulouse. »

Christian Randoulet, Président du Syndicat Mixte pour le SCoT du Bassin de Vie d’Avignon

Christian Randoulet, Président du Syndicat Mixte pour le SCoT du Bassin de Vie d’Avignon, ajoutait même :

« Avec 120 000 m² de surface de vente autorisés entre 2009 et 2016 (source CDAC), ce territoire a connu un développement des zones commerciales périphériques dont le dimensionnement est déconnecté des besoins locaux et de la consommation des ménages. »

Christian Randoulet, Président du Syndicat Mixte pour le SCoT du Bassin de Vie d’Avignon

Un tel mode de développement génère des dysfonctionnements que plusieurs débats et travaux nationaux ont su identifier et analyser. À savoir : une création d’emplois pas toujours avérée, un frein aux politiques de revitalisation de centre-ville, une consommation excessive des espaces agricoles et naturels, une accessibilité « tout voiture », une dégradation des paysages d’entrée de villes … Autant d’éléments connus et partagés par les élus du bassin de vie d’Avignon.

Misant sur « la revitalisation des centres villes et la requalification des zones commerciales », le Président du SMBVA édictait 5 principes. Le 1er consistait à « ne plus autoriser des zones commerciales nouvelles ».

Cela n’a pas empêché la CDAC (Commission Départementale d’Aménagement Commercial) de Vaucluse d’entériner, à la demande du maire de Monteux, la création d’une nouvelle zone commerciale à Beaulieu le 28 novembre dernier. Censé répondre aux besoins des (futurs) habitants du quartier, ce projet, confié à un promoteur (Equilis France Holding) artificialisera près de 2,9 ha de territoire pour 6851 m² de surface de vente…

Une CDAC toujours sensible aux “besoins de la population”

Comme il est de coutume en CDAC, le demandeur justifie son projet par les besoins de la population.

Il argue du fait que les habitants de ce quartier totalement excentré devront bénéficier de commerces de proximité. C’est un point que l’on ne peut contester.

Et il ajoute vouloir ainsi « limiter l’évasion commerciale massive vers les grands pôles (…) pour les secteurs non alimentaires, équipements de la personne, culture et loisirs ». Or cet argument fallacieux ne tient pas la route ! Car, à 7mn de là, se trouvent les magasins Ikéa, Alinéa, But and Co. Tous doivent déjà trembler de voir leur clientèle retenue à Beaulieu !

Étalement urbain, artificialisation d’un territoire inondable, dévitalisation des centres-villes proches, offre superfétatoire et surdimensionnée génératrice de déplacements automobiles et de déséquilibre … le projet de Monteux présente tous les défauts que cherchait à éradiquer la charte.

Et il illustre de la pire façon que l’on puisse imaginer le respect pour un texte signé en commun.

Nul doute qu’à la suite du maire de Monteux, d’autres élus souhaiteront accroître ou créer leur zones commerciale et qu’il sera difficile de le leur refuser.