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Le Parlement européen propose l’interdiction totale des néonicotinoïdes en Europe.

Le 1er mars dernier, Dans un rapport consacré à la filière apicole, les parlementaires européens ont demandé à l’exécutif d’interdire tous les pesticides dont la dangerosité pour les abeilles est prouvée.

Alors que la mortalité annuelle des abeilles était de 5 % avant 1995 (et l’apparition des néonicotinoïdes !), elle est passée ces dernières années à 30% , et l’apiculture est dans une situation critique.
Les raisons de ce déclin sont multiples : espèces exotiques invasives, changements environnementaux, destruction de leur habitat et l’agriculture intensive qui utilise des pesticides nocifs pour les pollinisateurs

Il y a urgence à agir : outre les risques pour la biodiversité (84% des espèces végétales dépendent de la pollinisation), ce ne sont pas moins de 76 % des cultures vivrières du monde qui dépendent, au moins en partie, des insectes pollinisateurs.

Outre les arguments ci-dessus, qui n’ont jusqu’à présent pas pesé bien lourd face aux lobbies de la chimie, les abeilles ont bénéficié, selon une expression à la mode, d’un alignement favorable de planètes:
– une prise de conscience de l’intérêt économique de l’apiculture qui constitue le revenu principal ou secondaire de plus de 500 000 citoyens de l’Union européenne et ses enjeux dépassent de loin celui de sa valeur économique directe.
– La confirmation, le 28 février par l’Agence sanitaire de la Commission, l’Efsa de la dangerosité pour les abeilles de trois néonicotinoïdes (la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame) actuellement soumis à des restrictions d’usage dans l’Union européenne. Pour le coup, la Commission va devoir aller au-delà du moratoire qu’elle comptait proposer
– L’importance de la contrefaçon : Le miel est le 3ème produit le plus contrefait dans le monde. Au sein du marché unique c’est 20% du miel qui est frelaté. Il arrive que d’un mal naisse un bien, et le texte voté au parlement européen s’attaque également au problème de la contrefaçon en renforçant la transparence des étiquetages et le contrôle des fraudes
– Enfin, pourquoi ne pas le dire, l’investissement fort d’associations dédiées à la défense des abeilles (comme Pollinis), qui ont mis toute leur énergie à informer pleinement les parlementaires européens

Même si au moins quatre autres pesticides néonicotinoïdes demeurent autorisés en Europe (sans compter les substances comme le Sulfoxaflor dont le fonctionnement est similaire), les propositions de ce texte constituent un signal clair pour la Commission et les États membres de l’UE qui pourraient y trouver un encouragement à en finir avec l’hégémonie des firmes de pesticides.

Faire en sorte, comme le demande FNE, que les agriculteurs bénéficient d’un conseil indépendant pour l’utilisation de produits phytosanitaires pourrait constituer le premier pas !

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