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Arrêté préfectoral de vigilance “sécheresse” pour le Vaucluse

Dans un contexte hydrologique très contrasté, avec une grande partie du territoire national soumise à de fortes intempéries et des risques d’inondation, la Provence, et tout particulièrement le département de Vaucluse, connaît des premiers signes de sécheresse préoccupants.

C’est dans ce contexte, que le Préfet de Vaucluse, après consultation du comité départemental « Sécheresse » réuni le 30 mai 2016, a décidé de placer en situation de vigilance l’ensemble du département par arrêté préfectoral du 14 juin 2016.

La pluviométrie, enregistrée entre novembre et avril sur notre département, montre un déficit cumulé de l’ordre de 50 % faisant de cette période une des plus sèches enregistrée sur les cinquante dernières années. Sur les régions de l’est du département, plateau de Sault, Calavon, Sud-Luberon, ce déficit apparaît même comme le plus grave depuis 1961.

Ce déficit, dans le contexte d’un hiver 2015/2016 le plus chaud jamais observé depuis 1900, n’a pas permis une recharge efficace des nappes phréatiques. Celles-ci montrent en ce printemps 2016, des niveaux très bas, généralement observés en fin de période estivale.

Aussi, malgré une pluviométrie en mai proche des normales saisonnières, la baisse rapide et continue des débits de nos cours d’eau, observée depuis le mois d’avril se poursuit, avec des valeurs d’ores et déjà proches des débits d’étiage. Cette situation est tout particulièrement inquiétante sur les rivières du Calavon, de la Nesque et du Sud-Luberon, avec des risques d’apparition d’assecs précoces et un impact fort sur le milieu aquatique.

Les dernières pluies observées au cours du mois de juin, ainsi que l’absence de période de forte chaleur ou de mistral prolongé, ont cependant permis de maintenir une bonne humidité superficielle des sols, limitant provisoirement l’impact de la sécheresse sur la végétation et le recours à l’irrigation.

L’effet de cette sécheresse reste pour l’heure limité sur les usages agricoles, en particulier ceux réalisés à partir de ressources sécurisées comme sur le bassin de la Durance. Une tension peut cependant apparaître rapidement sur l’approvisionnement en eau potable pour les communes desservies à partir de ressources de faibles capacités et ne bénéficiant pas d’interconnexion.

En absence de pluies significatives dans les prochaines semaines et dans le contexte d’une augmentation prévisible des besoins pour l’irrigation et l’eau potable, le risque d’une aggravation rapide de la situation sécheresse ne peut être exclu.

En conséquence, il est nécessaire d’anticiper les risques de pénurie et l’impact des prélèvements sur les milieux aquatiques, par l’information de l’ensemble du public et des usagers de l’eau en adoptant dès à présent des comportements économes de l’usage de l’eau.

Dans tout le Vaucluse, il appartient aux usagers de porter une attention particulière à leurs besoins en limitant au strict nécessaire leur consommation d’eau :

■ restreindre les usages secondaires (nettoyage des voitures, lavages extérieurs…),

■ réduire le lavage des voies et trottoirs au strict nécessaire de salubrité,

■ réduire les consommations d’eau domestique,

■ organiser la gestion du remplissage des piscines, pour éviter de déstabiliser le fonctionnement des réseaux,

■ procéder à des arrosages modérés des espaces verts et mettre en place des systèmes de récupération de l’eau de pluie pour l’arrosage,

■ adapter les plantations aux conditions climatiques de la région,

■ anticiper sur les éventuelles restrictions futures.

Les maires peuvent par ailleurs prendre, par arrêté municipal, des mesures de restriction plus contraignantes et adaptées à la situation locale, en fonction de la gestion de leur réseau d’eau potable.

Une attention soutenue est apportée au suivi de cette situation de vigilance et à l’évolution des indicateurs.