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Qualité des eaux : rapport 2014 de l’Agence de l’eau

Le mercredi 1er octobre 2014, l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse a invité les représentants associatifs à prendre connaissance de son rapport annuel 2014 sur la qualité des eaux.
L’occasion pour les représentants du Vaucluse (FNE Vaucluse, la Nesque Propre, Eau’secours), de questionner le directeur de l’Agence sur sa politique vis-à-vis :
– des pollutions récurrentes en Vaucluse (plastiques agricoles),
– des dysfonctionnements des stations d’épuration par recours systématique aux by-pass en cas de fortes pluies,
– et, actualité oblige, des permis exclusifs de recherches de mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux dont celui dit de « Calavon » qui nous concerne plus particulièrement

  Martin Guespéreau, directeur général de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, tire de la surveillance des milieux aquatiques (plus de 3 millions d’analyses par an), les conclusions suivantes:

“L’agence de l’eau dresse le constat que seule la moitié des rivières sont en bon ou très bon état. L’apparente stabilité du bon ou très bon état ces dernières années cache toutefois une véritable progression de la qualité des rivières.

Autant la victoire contre la pollution domestique est en passe d’être gagnée – en 20 ans, la concentration dans les rivières a été divisée par 10 – autant la pollution par les pesticides ne régresse pas et reste la principale cause de dégradation de la qualité des eaux. L’agence de l’eau retrouve 150 pesticides différents dans les rivières, parmi lesquels 36 interdits d’utilisation.

L’altération physique des rivières est l’autre cause majeure de dégradation de la qualité des eaux. 60% des rivières ont un régime hydrologique gravement perturbé (excès de prélèvement), sont cloisonnées par plus de 20 000 seuils et barrages ou ont subi des altérations de leur morphologie (digues, berges artificialisées, lit rectifié…).

Pour autant, la reconquête du bon état est possible. Afin d’inciter les gestionnaires de rivières à agir, l’agence de l’eau lance un nouveau label « rivière en bon état » qui encouragera et valorisera les plus belles opérations de reconquête de la qualité des rivières. Pour être labellisée, une rivière devra être en bon état écologique stable, c’est-à-dire depuis au moins 3 ans.
Cette information intéresse les citoyens. L’application smartphone «qualité rivière», lancée en 2013 par l’agence de l’eau, a déjà séduit 11 000 utilisateurs.”

En résumé les résultats généraux suivants :
– 50% des rivières sont en bon état.
– 16% des rivières ont gagné une classe de qualité en 5 ans.
– 150 pesticides différents sont retrouvés dans les rivières des bassins Rhône-Méditerranée et Corse, dont certains interdits depuis plus de 10 ans.
– 60% des rivières ont un régime hydrologique perturbé (excès de prélèvement, lit rectifié, seuils entravant la circulation des sédiments et des poissons…).
– La pollution par les nitrates est concentrée dans un faible nombre de territoires.

Peuvent être comparés aux résultats Vauclusiens :
– Un très mauvais état du Lez du fait des 21 pesticides différents qui y sont retrouvés !
– des concentrations en nitrates encore trop fortes (entre 50 et 100 mg/l) dans les eaux souterraines au sud de Carpentras
– des prélèvements excessifs, ayant pour conséquence un impact fort sur le régime hydrologique et la morphologie de nombre de rivières du département (Lez, Aigues, Ouvèze, Coulon, Durance, Rhône…)

En réponse à nos questions l’Agence de l’eau :
– a noté la problématique de pollution par les plastiques agricoles
– a rappelé son engagement fort auprès des collectivités pour une gestion appropriée des eaux pluviales, les eaux claires parasites étant en cause dans les débordements de stations d’épuration
– a rappelé, à propos des forages quelqu’ils soient, que le SDAGE constituait un document opposable et protecteur de nos masses d’eaux souterraines.