2 - Avis et Communiqués

Loup : Quand les éleveurs saccagent le siège d’une association

Puisque le bonnet est l’accessoire de cet automne, France Nature Environnement, FNE PACA, Hautes-Alpes Nature Environnement, UDVN-FNE 04 et la Société Alpine de Protection de la Nature souhaitent décerner le bonnet d’âne aux éleveurs qui ont saccagé vendredi 8 novembre 2013 la façade du siège de nos collègues de la SAPN à Gap.

Venus vendredi 8 novembre à Gap pour manifester leur colère suite à des attaques sur des troupeaux, des éleveurs ont jeté des œufs, des viscères et des carcasses de brebis contre la façade du siège de la SAPN. Des actes inqualifiables qui ont pourtant reçu le soutien d’élus de la République ! …

France Nature Environnement, FNE PACA, Hautes-Alpes Nature Environnement, UDVN-FNE 04 et la Société Alpine de Protection de la Nature, dont l’action s’est toujours inscrite dans l’écoute et le respect mutuel, sont choqués par ces actes violents et examinent les suites juridiques à donner contre les auteurs de ces faits qui ne peuvent rester impunis.

Nos associations comprennent le désarroi et les situations difficiles dans lesquels est placé le monde pastoral d’aujourd’hui. Mais elles ne peuvent en être tenues responsables.

Si nos associations défendent la présence du loup sur notre territoire, elles ont aussi pris en compte les difficultés créées par le retour naturel du prédateur et ont toujours milité pour que les éleveurs puissent bénéficier des aides financières pour mettre en place les mesures de protection des troupeaux, seul moyen de limiter la prédation du loup. Dans le cadre du protocole national, elles ont approuvé les possibilités de tirs de prélèvement du loup dans les cas où ces protections se trouvent inefficaces, comme le permet la Convention de Berne et la directive européenne « Habitats ».

Les causes de la crise que subit aujourd’hui le monde agricole ne sont pas à rechercher du côté des associations de protection de la nature. Depuis des décennies, nous appelons à une réforme de fond des pratiques agricoles, recentrées sur la proximité, sur le respect de la biodiversité et des ressources naturelles, avec une juste rémunération des éleveurs, basée sur le travail fourni et sur les aides de l’Europe. Les consommateurs nous suivent en ce sens.

Nous pensons qu’il est possible aujourd’hui de valoriser la production de viande ovine, qui est une production de qualité au regard de la viande produite hors de France et qui arrive sur nos étals.

Le loup n’est que le bouc émissaire d’une crise bien plus profonde dont les éleveurs et élus locaux refusent de voir la réalité. Le soutien économique aux éleveurs se place dans un “contrat social” où cet appui financier comprend l’acceptation de règles communes dont la préservation du loup, souhaitée par la majorité de la société.

Nos associations sont convaincues que les solutions de long terme passent par le dialogue et la négociation, pas par la violence et l’intimidation. Elles restent disponibles pour des échanges basés sur la volonté d’aller au fond des problèmes, sur la recherche de solutions viables et le respect des autres.

Est-il besoin d’ajouter que FNE Vaucluse se joint à ses collègues de PACA pour déplorer que la violence tienne lieu de discussion?